MPP est en congés et moi non.
De temps en temps, je rentre déjeuner ; mais il faut que ce soit prêt sinon c'est trop court, j'avale (mon repas hein).
Hier midi, j'arrive, ce n'était pas prêt.
Bon...Pas grave.
Je pose mon sac et aide à la préparation.
Salade d'endives (ce que j'avais demandé :-) ), et de l'eau bouillait.
"Pour quoi faire ?"
"Pour les nouilles chinoises et vermicelles"
..... Quoi... les 2 mélangés ???? L'est fou lui ?
Mr faisait la tête. Alors comme la veille il m'avait confié saturer (4 gosses + 2 vieux parents pires que des gosses, faut gérer, hein....), je lui demande si ça ne va pas.
Si.
OK.....
Les nouilles cuites, je les égoutte et lui demande s'il a prévu une sauce avec.
Faut bien avouer que des nouilles chinoises "brut de décoffrage", c'est comment dire... pateux ! Mais je ne dis rien.
Eh bin là.... Sans que je comprenne quoi que ce soit.... Bim ! Coup de bâton !
"Ouais bin j'ai bossé tout le matin alors ça va !"
Heu.... j'ai dit quoi ?
Retour :
"Ah pardon c'est vrai, moi je reviens de la plage !"
"J'arrête pas ! Je suis plus tranquille au bureau que quand je suis en vacances !!"
"Bin j'y suis pour quoi moi ? J'y suis pour quelque chose ?!"
"P't'être ouais" me dit il d'un air narquois.
"Ah ouais ? Bin vas y"
"Alors pour commencer, il faut que ce soit prêt quand tu arrives"
"Oui et tu sais très bien pourquoi ; mais pas de soucis : je ne rentrerai plus manger ; sujet suivant"
"C'est pas une solution ça"
"Le sujet est clos ; je ne rentre plus c'est tout. Ensuite."
"Tes listes ! Tu me fais des listes de choses à faire ; je peux pas tout faire !"
"Ah mais t'es culotté !!! C'est TOI qui m'as demandé des listes ! Mais ça va jamais avec toi hein ! Y'a pas de liste t'en veux une, y'a une liste, tu me le reproches !"
On s'est arrêtés là, parce que devant les enfants et les beaux parents ça le faisait moyen.
Je me suis plus que retenue de ne pas partir directement, sans manger.
Mais quand même, je suis allée passer un moment seule (les toilettes, y'a que cet endroit où on est sûrs d'être tranquilles !).
Je me suis assise au bord de la baignoire et me suis demandée si oui ou non je restais.
Il a voulu entrer.
C'était fermé, dommage.
Au bout d'un moment, je suis sortie (eh oui, toujours cette bienséance).
Je l'ai vu, là, dans le coin, assis sur les escaliers, la tête dans les mains....
Il m'attendait.
Dommage, encore.
Je suis passée sans le voir.
Ah tiens il n'est pas à table.
J'ai fini le repas de très bonne humeur, en jouant avec les enfants.
Lui est revenu, radouci.
Je crois qu'il avait compris qu'il avait été injuste.
Il me souriait.
Il me regardait doucement, tendrement.
M'en fous.
13h20 : "Bon bin bonne journée"
"Tu pars en avance...."
"Oui"
"Pourquoi ?"
"Entre être au boulot ou ici, je préfère encore être au boulot"
Il s'approche pour son bisou.
Je lui dis au revoir (il croit quoi ?) et claque (sans faire exprès en plus !) la porte.
Je monte dans ma voiture et entends "tu rentres à quelle heure ?"
Qu'est ce qu'on s'en fout.... !
"6h30"
Je pars.
A peine sortie de la maison, mon portable sonne.
J'en étais sûre....
Je ne réponds pas.
Il rappelle.
Je ne réponds pas.
J'ai décidé de lui écrire et mettre les choses au clair de toutes façons.
Bien sûr, il me laisse un message.
Il s'excuse.
J'm'en tape. S'excuser ne le lave pas de tous ses pêchés.
C'est toujours pareil ; il a une saute d'humeur, est injuste, s'excuse.
Et voilà c'est fini, la page est tournée.
Bin non.
J'arrive au boulot, j'ai un message sur msn.
Où il me dit être triste, ne pas aimer me voir partir comme ça, qu'on se sépare fâchés.
Je ne réponds pas.
Trop facile !
Mais je lui écris ; ça m'a pris la moitié de l'après midi.
Un loooooooong mail.
Où je lui dis en substance que Non, je ne serai pas son défouloir, et qu'il faut que ses sautes d'humeur cessent.
Que je comprends bien qu'il a la pression, mais que c'est son problème à lui, que c'est lui et lui seul qui est responsable de son temps et le gère.
Que je comprends qu'il a des soucis mais que je n'y suis pour rien ; et qu'en plus on a tous des soucis.
Comme je lui ai envoyé juste avant de partir, il ne l'avait pas lu lorsque je suis arrivée.
Il était en train de faire à manger.
Les fameuses nouilles chinoises avec des légumes et une sauce (eh oui, ça ne se mange pas sec !).
Et de la viande.
Et puis il avait fait plein de choses pour moi dans l'après midi.
Il m'a demandé si je lui faisais la gueule.
"Je t'ai écrit"
Alors il est allé lire.
Il est revenu en me disant qu'apparemment il avait mal interprété mes propos.
Je lui ai dit que oui, et qu'il fallait qu'il arrête d'être parano.
Si je ne veux pas faire à manger, je ne manoeuvre pas pour arriver une fois que c'est fait : je le dis, et/ou j'amène quelque chose de tout prêt.
Si je pense qu'avec une sauce c'est mieux, je dis "si on faisait une sauce ?" ; je ne fais pas un reproche à la con.
Il m'a attirée vers lui et m'a prise dans ses bras en s'excusant.
Il m'a demandé comment je faisais pour évacuer le stress avant qu'il ne me bouffe.
Je lui ai dit qu'il fallait qu'il coupe avant même d'être au sommet, qu'être parfait et contenter les autres n'était pas une fin en soi. Et que par conséquent, à force de vouloir contenter tout le monde, c'était l'inverse.
Et je lui ai redit que je ne comptais pas supporter ça.
Que ce n'était ni la maison, ni la piscine, ni son salaire qui me feraient rester ; que seule ma tranquillité comptait....
Je lui ai répété n'avoir aucun besoin de lui.
Il m'a dit le savoir, m'a serrée fort dans ses bras et m'a dit tenir énormément à moi....